• Ce jour-là je me suis endormie - Part 2

        Il existait un lieu où il n'y avait qu'elles. Elle était petite et fluette ; ses cheveux roux se balançaient au gré du vent. Chacune de ses mèches se distinguait dans la clarté de ce lieu vide. Elle portait un tissu ample qui ne trahissait aucune poitrine ; une longue robe blanche, qui semblait flotter... Elle se soulevait puis retombait doucement à chacun de ses pas.

        Onwa ne s'étonna pas qu'il y eût du vent malgré le vacuum. Toutes choses étaient sans surprise. D'ailleurs, elle n'avait même pas remarqué sa propre présence tant la sienne la submergeait. Sa compagnie lui était si familière qu'elle tenait de l'évidence, pourtant, elle ne connaissait pas son prénom. Onwa sentit la tendresse de la fille à son égard et une soudaine joie la traversa. Aussi aérienne qu'une esquisse, elle peinait à toucher le sol, ce qui freinait sa progression. Il lui semblait, au contraire, que ses pas l'éloignaient de l'enfant ; bientôt, il n'y eut plus une trace d'elle, mais le souvenir de sa présence était presque aussi palpable que sa présence elle-même. D'autres silhouettes se profilèrent silencieusement, spectres courbés et tristes, taches pernicieuses dans la lumière. Elle vit, au travers de leur enveloppe translucide, le vice violine y couler comme le sang dans un corps. Le dégoût prit Onwa à la gorge, mais il lui tenait tant à cœur de résoudre le mystère qu'elle questionna les formes humanoïdes. Elle leur demanda s'ils avaient vu l'enfant et les informa de son ambition de la rencontrer à nouveau ; Onwa ne voyait pas leur visage, mais elle sentit l'horreur que provoquèrent ses questionnements à l'agitation qui parcourut leur corps difforme.

        Elles répondirent en cœur :

        « Quelle indignité ! »

        Naturellement, Onwa ne comprenait pas leur colère. Alors elles répétèrent, plus fort encore :

        « Quelle indignité que de demander aux morts leurs disponibilités ! »

        L'étonnement que cette phrase fit poindre en elle était si vif qu'elle commença à s'éveiller à ce moment-là. Il était palpable, cruel, tapi dans son estomac, et lui rappelait la bêtise impardonnable de son erreur, l'indélicatesse de sa requête au regard de ce que personne n'ignorait, excepté elle. Une seule question subsistait alors : comment avait-elle osé oublier ?

        Cet épisode lui resta en tête pendant une dizaine de minutes avant qu'elle ne se lève. Elle se souvenait parfaitement des mots des spectres, qui lui étaient revenus plusieurs fois dans sa somnolence : quelle indignité que de demander aux morts leurs disponibilités ! Le réveil avait dissipé le sérieux du rêve, et l'incongruité de la phrase la faisait sourire.

       Elle savait son imagination capable d'inventer les plus attachants des personnages, de lui faire vivre des aventures et des aventures à leurs côtés, mais cette fois-ci, elle ne soupçonna pas un instant que la petite fille rousse fut son œuvre. Il y avait cette prégnance du réel qu'elle ne s'expliquait pas autrement que par l'intuition.

        Au vague souvenir que lui évoquait cette enfant déifiée se heurtait l'opacité de son passé. Il ne lui évoquait plus rien qu'un grand vide, un vide de fantômes ou de salle de spectacle après que les portes ont fermé. Maintenant qu'elle voulait penser, elle n'avait pas grand-chose à se mettre sous la dent. Des morts, elle en avait vécues et regrettées jusqu'à ce qu'elles ne lui arrachent plus une traître émotion. L'habitude avait eu raison de la poésie. Pourtant, à mesure qu'elle tentait de se remémorer l'enfant, une douleur étouffée resurgissait. Son cœur se mit à battre d'autant plus fort dans sa cage thoracique qu'il s'était fait à la monotonie. Il n'était pas question d'une mort qu'elle avait déjà consommée ; celle qui s'offrait à elle était neuve et ne demandait qu'à être entretenue. Évidemment, sa mémoire défaillante rendait cette tâche impossible.

         Sa main se porta sur sa cicatrice : elle formait un arc dont le point de départ, situé au niveau de la paupière inférieure, s'étendait jusqu'à la tempe. Près de quinze ans plus tard, elle formait encore un creux qui scindait sa pommette droite en deux. Elle n'avait pas de souvenirs datés d’avant son adoption par l'OIAC ; du moins aucun qu'elle pût reconstituer spontanément, car elle avait naturellement, à force de suppositions, créé le récit de son enfance. Elle savait qu'elle avait apporté avec elle un livre sacré, l'Equilibrium, mais il lui avait été retiré assez rapidement. Si la curiosité envers les dogmes était permise à Thofras, la foi n'était pas cautionnée. Quant à sa guitare, elle lui avait été confisquée plusieurs années, et elle n'y avait pas touché depuis qu'on la lui avait restituée.

         Le soleil filtrait généreusement à travers la fenêtre pour caresser sa peau. Elle poussa un profond soupir et étira longuement ses membres courbaturés. Un quartier libre de deux jours était accordé cette fin de semaine, et la perspective la réjouissait. L'OIAC, à cette occasion, avait même fourni quelques grammes d’herbe aux militaires : ils l'attendaient, l'appelaient, presque, depuis sa commode. Une énergie nouvelle la traversa et elle se mit debout d'un bond. Elle sortit presque aussitôt, la pipe coincée entre les lèvres.

     

    *

     

         La caserne était entourée d’austères murs : bien plus hauts que nécessaire et cerclés de barbelés. Un de ses camarades, Drugg Utzich l’y attendait, adossé. Lui aussi fumait la pipe, plongé dans la lecture d'un livre. Il n'en leva les yeux que lorsqu'Onwa se présenta à lui. Il n'avait jamais su où les mettre, lorsqu'il apercevait quelque ami au loin. Il portait un béret et un costume si vieillot qu'il semblait sorti de l'université, avec ses culottes, ses chaussures cirées et ses bas. Après avoir échangé un regard complice avec son amie, il se pencha vers elle pour allumer le foyer de sa pipe. Un écran de fumée mit fin à cette brève intimité et ils commencèrent à marcher lentement.

          « Dis-moi, commença Drugg comme un professeur tout en fermant son livre d’une main, Tu as déjà lu La Déliquescence, d'Udervolt ? »

         Et comme il vit l'expression interdite d'Onwa, il renchérit aussitôt :

          « C'est absolument exquis ! C'est l'histoire d'un homme qui, trop mou pour mettre fin à ses jours, se laisse pourrir dans son appartement. Il en vient même à manger la charogne de son chat ! Une véritable allégorie de la fulgurante acédie qui nous ronge tous...

         - Cela me dit quelque chose...

         - Tiens ! Lis la première page. Tu m'en diras des nouvelles. »

         Et il lui tendit le livre qu'il avait à la main. La police était si petite qu'elle fit mine d'avoir fini sa lecture au bout de quelques lignes tout à fait inintelligibles. Il en profita pour tirer doucement sur sa pipe. Elle sentit qu'elle avait le devoir de ne pas décevoir l'enthousiasme de son ami :

         « Cela me semble bien.

         - Alors il est à toi ! C'est la troisième fois que je le lis et je m'en régale chaque fois davantage. »

         Elle le rangea avec gratitude dans la poche de sa veste. Et avec plus d'honnêteté, et d’une petite voix :

          « Ça ne te ressemble pas, de me partager tes lectures. Tu sais bien que je n'y connais rien.

         - Je sais aussi que tu es plus sensible que tu le prétends. »

         Une vieille musique – un classique dans les rues de Thofras - sortait des haut-parleurs placés sur les lampadaires. Des voix de femmes légèrement modifiées chantaient au rythme des maracas et de clarinettes. Drugg se mit à claquer des doigts tout en suivant Onwa du regard ; il ne tarda pas à danser sur les larges pavés blancs. Il empoigna même un lampadaire pour tournoyer autour, un grand sourire aux lèvres. Deux hommes passèrent qui le dévisagèrent avec amusement. Onwa avait du mal à le reconnaître tant il se montrait sérieux à la caserne. Elle accompagna son ami tant bien que mal en bougeant la tête, mais elle n'avait pas l'habitude de danser et sa retenue était perceptible. Lorsque son ami cessa de gesticuler pour se diriger vers les quais avec plus de calme, Onwa se sentit soulagée.

         Pas un nuage ne venait ternir le bleu du ciel. Le soleil était si étincelant qu'il était dur de regarder le fleuve qui le reflétait. La tôle blanche des ponts ainsi que les planches des quais ne faisaient qu'accentuer sa lumière. Drugg plissait les yeux, clairs comme ils étaient. De nombreux citadins étaient de sortie et les joyeuses discussions allaient dans toutes les directions. C'étaient en partie de jeunes militaires - plusieurs d'entre eux portaient des vestes estampillées « OIAC », dont Onwa - compte tenu de la proximité avec la caserne et du quartier libre.

          « Aussi ringards que puissent paraître les quais, je suis vraiment content de les revoir, déclara Drugg avant de pousser un soupir de contentement, J’ai l’impression qu’il y a une éternité ou deux que je n’ai pas mis le nez dehors…

         - Maintenant que j’y pense, il y a quelques années, les quartiers libres n’étaient pas si rares. C’est comme ça depuis les conflits armés de l’Est. Les programmes d’entraînement sont devenus plus rigides pour qu’on soit plus performants, j’imagine.

         - Ils savent très bien me rendre performant, en ce qui me concerne... » marmonna Drugg.

         Et, non sans fierté, il sortit de sa sacoche en cuir un morceau de pastèque emballé dans du cellophane. Avec la politique protectionniste de l’OIAC, un tel mets était réellement rare. C’est ainsi qu’étaient récompensés les meilleurs éléments de l’école de l’armée. La plupart des élèves n’auraient jamais eu l’opportunité de découvrir ces saveurs, sans le système de récompense, si bien que ce dernier, entre autres privilèges, avait contribué à garnir les rangs de l’armée.

         « Moi, je n’en ai pas eu cette fois : j'ai été privée de pastèque par le commissaire des armées. »

         Drugg éclata de rire tant le châtiment lui paraissait incongru.

         « Le commissaire des armées en personne t’a puni de pastèque ? Tu mérites bien ta part. »

         Les deux amis repérèrent un espace libre sur les berges. Ils firent pendre leurs jambes du côté de l'onde. L’engouement de Drugg était tel qu’il balançait ses jambes avec énergie. C’était une belle onde que celle du Nuur. Bien qu’elle fût loin d’être translucide, il n’y flottait aucun déchet et elle égayait le quartier, qui se composait essentiellement de complexes militaires. Drugg sortit un canif de sa poche pour trancher généreusement dans le morceau de pastèque.

          « Je n'ai que ma reconnaissance à t'offrir, mais sache qu'elle grandira à chaque échange de bons procédés... elle marqua une pause, puis renchérit, À ce propos, ma ration d’herbe a également été réduite... »

         Elle eut pour réponse un léger coup dans les côtes.

          « Je te rappelle que la mendicité est prohibée dans toute la Gorgone ! Cela étant, j'ignore toujours ce qui t'a valu les grâces du commissaire des armées. »

         Drugg affichait un large sourire narquois. Il était toujours aux premières loges pour les ragots, mais était rarement bien servi auprès d'Onwa ; la nouvelle le faisait donc jubiler. La jeune femme croqua dans la pastèque : elle était si juteuse que du jus sortit de sa bouche pour se rependre sur sa chemise et sur les planches. Après s'être laborieusement essuyée, elle expliqua l'altercation qu'elle avait eue avec un membre de sa compagnie en mâchant des morceaux de pastèque :

          « Le type m'a balancée et le commissaire a restreint mon rationnement et m'a mise de corvée toilettes. Voilà, acheva-t-elle en haussant les épaules.

         - Il n'y a plus qu'à espérer qu'il soit de la partie ce soir. On aurait droit à un beau spectacle !

         - C'est toi qui n'en seras plus si tu continues à me prendre pour une bête de foire. »

         Onwa poussa légèrement Drugg du côté du fleuve ; elle n'attendit pas la riposte de Drugg pour se redresser.

          « Bon, je te retrouve tout à l'heure. Je vais chercher Brade. »

         A l’évocation de sa sœur, son intonation fut nettement moins enthousiaste. Drugg acquiesça poliment et Onwa lui fit un signe de la main.  

          Afin de gagner la Rue des Armées, elle dut naviguer entre les groupes d'amis assis de part et d’autre des quais. Un tramway glissait sur les rails incorporés aux pavés dans un harmonieux grincement. Une publicité transparente se dessinait sur le tramway ; sans surprise, il s'agissait d'une campagne de recrutement de l'armée. Des soldats, hommes et femmes, défilaient sur chaque rame, grands sourires et grands mots, comme : « Avec l'OIAC, je m'assure un avenir radieux ! ». Le tramway, de toute sa fière allure, poursuivait sa route au loin, avide d'hommes.


    *


         Les larges fenêtres permettaient aux quelques rayons de soleil épargnés par la hauteur des bâtiments adjacents d'éclairer le couloir ; mollement, donc. La sobriété du lieu rappelait l'ambiance aseptisée d'un hôpital. Même la moquette du couloir avait été conçue pour que les pas du personnel ne troublassent pas la tranquillité des résidents. Il y flottait une caractéristique odeur de plastique et de produits ménagers.

         Cette fois-ci, Onwa frappa à la porte et s'annonça. La voix lasse de Brade l'invita à entrer. On eût dit celle d'une infirme. Elle gisait sur les draps avec un certain tragique, ses bras recouverts de bandages. Elle se redressa, fantomatique dans sa large chemise blanche.

          « Propanolol et sismothérapie. Toutes les semaines, en plus des antidépresseurs et des somnifères.

         - Le même traitement que celui qu'on nous a prescrit à ce moment-là. J'espère qu'il marchera, cette fois-ci.

         - Il n'y a pas de raison. »

         De petites fossettes apparurent sur les joues de Brade : elle souriait. Les sourires de Brade laissaient une étrange impression, il fallait l'admettre, tant ils se faisaient rares. La plupart du temps, elle n'arborait aucune expression. Parfois, elle fronçait légèrement les sourcils, presque sans s'en rendre compte. Onwa fut surprise de la bonne volonté de Brade, qu'elle savait pourtant réfractaire aux traitements. Tout compte fait, elle pensa que sa sœur avait bonne mine. Son cuir chevelu, d'un noir aux reflets bleutés, semblait plus soyeux. Quand elle se retourna, sa chevelure tournoya avec une telle grâce ! Elle était très rigoureusement coupée en carré, et son rapide détour avait, le temps d'un instant, formé une onde envoûtante.

         « Tu t'es coupé les cheveux !

         - Oh, tu as remarqué ? »

         A nouveau, Brade tourna la tête. Quelques mèches voilèrent son regard. Elle les saisit du bout des doigts pour les faire glisser entre son pouce et son index, et, d'une voix mielleuse :

         « Tu trouves que ça me va bien ?

         - Tu es très belle.

         - Attends de me voir ce soir, alors ! » elle marmonna, avant de s'engouffrer dans la salle de bain et de claquer la porte.

         Onwa ne se souvenait plus de la dernière fois qu’elle avait ressenti de la fierté vis-à-vis de sa sœur, aussi infime soit-elle. D’ordinaire, c’était la honte. Elle l’avait invitée plusieurs fois auprès de ses camarades, toujours par obligation et toujours avec appréhension. A chaque fois, Onwa nourrissait l’espoir qu’elle ne laissât pas ses scarifications apparentes et qu’elle parlât un peu, et sans misère. Qu’elle se rendît présentable, voilà le peu d’attentes qu’Onwa avait vis-à-vis de sa sœur et ce qui suffisait à la ravir. N’y a-t-il pas pourtant quelque chose de funeste dans la résignation ?

    *


         En tant que pupille de la nation, Onwa avait droit à une chambre particulièrement agréable, bien qu'elle n'y passât que peu de temps. Avec la chaleur, de la vapeur d'eau emplissait la pièce et embuait les miroirs. Elle s'accouda aux rebords de la baignoire et reprit sa pipe. Cet instrument faisait presque partie de sa physionomie, tant on le trouvait coincé entre ses lèvres. La fumée de sa pipe se mêlait à celle de la vapeur.  

         Les rares parties de son corps hors de l'eau étaient recouvertes de mousse. La chaleur aidant, Onwa se sentit fondre dans son bain. Comme elle entreprit de se détendre encore davantage, sa main s’engouffra dans l’eau chaude.

         Malheureusement, sa pensée même fut punie, puisqu'un bruit étouffé retentit, en provenance du bouchon de la baignoire. D'abord, comme Onwa fermait les yeux, elle ne vit pas les bulles noires remonter à la surface. Un autre bruit, plus fort, et des centaines de petites bulles noires attaquent la surface. Il n'en faut pas plus pour qu'Onwa sorte de son bain en catastrophe. Elle se penche, haletante et perplexe, pour observer ce qui remonte rapidement à la surface. Devant ses yeux ébahis, un halo fuligineux s'échappe de l'eau. Émergeant des brumes noires, un visage émacié, ébène, aux traits indiscernables, lui fait face. Cette brusque apparition la fait sursauter et elle glisse piteusement sur le carrelage mouillé de la salle de bain.

         Onwa observe en contrebas les traits du visage, lesquels, à mesure qu'ils se précisent, deviennent familiers. Un instant, au bout de la masse monstrueuse, se greffe un magnifique visage d’enfant ; l’instant d’après, son crâne éclate en effusions de sang : trois formidables trous sur la tempe déversent un liquide visqueux qui engloutit le visage du chérubin jusqu'à le faire disparaître. Le halo reprit gentiment sa forme initiale et disparut entre les vapeurs.

         La jeune femme s'enveloppa dans son peignoir, perplexe. Elle n'avait jamais vu de spectre dans le centre de Thofras, et encore moins dans le quartier général - la présence des mânes, régulée par les garnisons spirituelles, les repoussait -, et voilà que l'un d'entre eux s'amusait à sortir de sa baignoire pour l'effrayer. En regardant ses mains, elle se rendit compte qu'elles tremblaient.

         Elle essuya la vapeur sur son miroir avec une serviette et ouvrit la porte. À l'aide d'un peigne, elle coiffa ses courts cheveux gris en arrière, à l'exception d'une mèche, qu'elle gardait toujours devant le visage, puis elle les fit rebiquer et les fixa avec de la laque. Son regard était assombri par le fard violet qu'elle avait déposé sur ses paupières. Comme elle ne se  maquillait rarement, ses cils étaient très longs. Elle fit pivoter son visage pour le scruter sous plusieurs angles puis, satisfaite, elle enfila une des rares tenues sur laquelle le sigle OIAC n'était pas brodé. Coiffée et habillée de la sorte, elle n'avait plus l'allure d'une militaire, mais celle d'une travailleuse de la banlieue ou d'une étudiante de Babylone.

         Fin prête, elle alla chercher sa sœur. Brade lui ouvrit la porte avec un grand sourire rouge. Elle portait une robe moulante qui dévoilait ses épaules et dont les manches, transparentes, étaient ornées de dentelles. Cintré sur la taille, l'habit mettait en valeur sa minceur. Les cicatrices qui striaient ses bras n'attiraient plus l'attention. Onwa la voyait déjà s'émanciper de toute sa tristesse et s'attirer davantage de faveurs qu'elle à la soirée.


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