• Les discussions

           Les discussions sont parfois des monologues, mais elles ont toutes en commun de parler de sujets sous un angle politique.

  •          Dans les milieux féministes dont je fais partie, la liberté sexuelle est une valeur fondamentale. Il s’agit d’un terme englobant qui correspond au droit de disposer de son corps dans le cadre de relations sexuelles et amoureuses. La liberté sexuelle peut être liée à l’orientation sexuelle – ce peut être le droit d’avoir des relations homosexuelles par exemple - et aux pratiques du sexe en général – le droit d’avoir de multiples partenaires, de pratiquer le BDSM, d’être TDS, etc… La plupart de ces activités ont été les vectrices d’exclusion sociale par le passé, et le présent garde les vestiges de cet opprobre. Cette exclusion était parfois encouragée par la loi et la science, avec la pénalisation de l’adultère ou l’inscription de l’homosexualité et de la transidentité en tant que maladies dans le DSM. A ce titre, si la liberté sexuelle est encore loin d’être acquise, elle constitue une avancée indéniable en termes de droits humains.

              Pour autant, je suis critique de certaines manifestations de la liberté sexuelle en tant qu’elles peuvent aussi nuire au bien-être des individus. Je ne suis pas en faveur d’une liberté sexuelle totale et préconise plutôt une éthique du sexe – car il n’y a aucune raison que la sexualité soit la seule sphère de la vie exempte d’éthique, bien au contraire.

    1. Préférer la quantité à la qualité passe nécessairement par un mépris (quoique souvent consensuel) de ce qu’est l’autre.

           Je vise ici des relations dont l’intérêt est essentiellement sexuel, dont la durée et la fréquence sont variables, mais qui sont généralement sporadiques ou courtes. La perspective de ces relations peut être envisagée de deux manières : soit les deux partenaires, de commun accord, limitent leurs relations à des services sexuels ; soit les partenaires n’ont pas les mêmes optiques, et l’un des partenaires a un attachement émotionnel que l’autre n’a pas.

           La seule chose que l’on peut reprocher à la première posture, c’est qu’elle consiste à traiter l’autre comme un moyen. Que ce regard soit consensuel n’induit pas, selon Kant, que la relation entretenue soit, en tout et pour tout, morale ; au contraire. Une des maximes de Kant dans Les Fondements de la métaphysique des mœurs est la suivante : « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de toute autre toujours en même temps comme une fin et jamais simplement comme un moyen. » La maxime ne se limite pas aux relations dont je parle : elle vise toutes les relations d’exploitation qui dénient aux individus leur statut de fins.
            Je comprends la maxime de Kant comme une métonymie. Ce ne sont pas les autres qu’il faut considérer comme des fins, c'est-à-dire prendre pour objectifs : ce serait un contresens ; il s’agit de comprendre chaque individu comme étant en poursuite de ses fins propres. Cette poursuite s’effectue avec une telle vigueur que l’individu s’apparente lui-même à une fin.  
            Les fins ne sont pas les mêmes d’un individu à l’autre, mais Kant pense que nous en partageons tous.tes une : le bonheur. Ainsi, lorsque Kant préconise de traiter les autres en tant que fins plutôt qu’en tant que moyens, il invite le lecteur à considérer tant son bonheur propre que le bonheur des autres. Or, si Kant met en opposition les termes de « fins » et de « moyens », c’est parce qu’ils s’excluent l’un l’autre ; autrement dit, il n’est pas possible de considérer les fins des autres – et leur bien-être - si on les traite comme moyens de plaisir sexuel.

            Avec cet œil kantien, la première posture de relation, dans laquelle les partenaires se voient exclusivement et mutuellement comme des moyens sexuels, n’est éthique qu’en apparence. Les deux partenaires voient en l’autre la possibilité de leur épanouissement sexuel – ils voient leur partenaire comme moyen sexuel –, mais ils méprisent en même temps l’épanouissement sexuel qui n’est pas le leur – puisqu’ils ne les prennent pas pour fins. Tout du moins, si l’épanouissement sexuel de l’autre est pris en compte, c’est parce qu’il est lui-même pris comme moyen de l’épanouissement sexuel propre. Par exemple, procurer du plaisir à mon partenaire peut m’exciter sexuellement et favoriser ainsi mon plaisir sexuel.
            Là encore, on pourrait se demander quel est le problème : tout le monde semble y trouver son compte. J’objecterai que le désintérêt des fins d’autrui peut tout à fait pousser à leur contrevenir : cette posture égocentrée ne prête pas à l’écoute des besoins respectifs. Dès lors, si aucune frustration ne ressort de ces relations, c’est par un heureux hasard ou en vertu de leur caractère éphémère, et non parce que les partenaires auront pris certaines dispositions pour avoir une relation saine.
            J’objecterai également que le désintérêt des fins d’autrui n’est jamais entièrement symétrique ; que certains préconiseront dans ce type de relation une indifférence totale, tandis que d’autres apprécieront un minimum de communication liminaire ; ce désintérêt se manifeste donc à des degrés différents et de manières différentes (chacun ayant un fonctionnement singulier), et un tel contraste peut également favoriser le mal-être des partenaires.
           
            La deuxième posture de relation, dans laquelle un partenaire développe un attachement émotionnel non réciproque, me semble, sans équivoque, garante de mal-être. L’attachement émotionnel rencontre l’indifférence son antipode : l’égo n’est pas satisfait et il en découle une douloureuse frustration.
            J’ajouterai que si le consentement sexuel est souvent perçu comme l’unique condition de possibilité de relations sexuelles, il n’est pas possible de s’y limiter : le consentement sexuel est seulement le garant d’une relation sans abus sexuels, et plus encore qu’une relation sans abus sexuels, je souhaite aux humains d’avoir des relations épanouissantes.
            Le consentement n’est pas uniquement sexuel, c'est-à-dire qu’il ne se cantonne pas à l’autorisation de performer un acte sexuel, même dans le cadre de relations humaines gravitant autour du sexe. Le CNRTL définit le consentement comme « L’acte libre de la pensée par lequel on s'engage entièrement à accepter ou à accomplir quelque chose », et ne précise à aucun moment ce à quoi le consentement se rapporte, corroborant la vision d’un consentement multifacette. Nous sommes traversés par de multiples désirs vis-à-vis des individus qui nous entourent, et leur traduction dans la sphère relationnelle prend la forme d’un consentement mutuel. Cependant, lorsqu’on cantonne le consentement au consentement sexuel, on choisit délibérément d’ignorer toutes les autres formes de consentements et de désirs qui peuvent s’inscrire dans nos relations, aussi utilitaires soient-elles. Si je m’accorde avec mon partenaire quant au consentement sexuel, mais que je désire un minimum de communication avec ce dernier et qu’iel n’y consent pas, j’expose la relation à un certain mal-être : pour mon partenaire, celui de ne pas avoir l’attachement émotionnel nécessaire pour combler mes attentes ; pour moi, celui de ne pas voir mes attentes comblées, ainsi qu’une blessure de l’égo.  


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  •        En tant que femme cisgenre et hétérosexuelle, je ne prétends ni éclairer sur le relationnel des individus MOGAI, ni celui des hommes vis-à-vis des femmes par ce présent billet. Mon témoignage n’est que l’esquisse d’une expérience, à la fois singulière et anodine, d’une femme cishét du XXIème siècle ; sa prétention globalisante n’exclue pas l’exception.
           Chaque fois qu’une étude est genrée, elle soulève des vagues de protestations, et à juste titre ; se donner l’humain comme objet, c’est opérer une réduction et nécessairement perdre en précision d’analyse. Force est de constater, toutefois, que mépriser le sexe et sa caricature signifie encore s’exposer au danger.
           Quel danger ? Celui de l’ambiguïté ; celui de l’entreprise ; celui de la caricature. A priori des entités innocentes ; a posteriori, les chantres du non-consentement, c’est-à-dire de l’agression sexuelle et du viol. L’agresseur et le violeur ne sont pas marginalisés, ils font partie intégrante de la société, et la plupart du temps, ils s’ignorent. La banalisation du sexe au travers des stéréotypes va de pair avec la banalisation du non-consentement : l’abus est une erreur, aussi grave que répandue, et on en comprend presque la méprise.

           Les corps de la société, soucieux de se mettre au goût du jour, s’informent au sujet des diverses théories féministes, qui rentrent dans la culture populaire sans toutefois être appliquées. Les plaintes pour viol enregistrées sont croissantes ; 13 881 en 2015, 15 848 en 2016 et 16 400 en 2017. La parole se libère (affaire Weinstein, mouvements Me too et Balance ton porc), et peu à peu, le nombre de plaintes se rapproche du chiffre noir de la criminalité des viols, qui est estimé à 75 000 par an – on ose à peine imaginer celui des agressions sexuelles, pour lesquelles on enregistre 24 000 plaintes en 2017. De fait, les théories sont connues sans être appliquées, et il m’est avis - et j’ignore s’il s’agit de pessimisme ou de réalisme - que le nombre d’agressions sexuelles et de viols n’est pas en décroissance pour autant. Si les sociétés modernes prétendent se prévenir de l’abus, c’est bien plus par un mouvement de l’orgueil qui pousse à dédaigner les siècles passés que par véritable volonté d’agir.

           Un paradoxe social demeure confortablement installé dans la société française : beaucoup de femmes violées pour si peu de violeurs. Le violeur est une entité maléfique, il est pointé du doigt, on lui attribue un visage, un comportement, il est l’archétype que l’on cherche à fuir. Le mot est douloureux, il est vrai, tout comme le raciste et l’homophobe se refusent à de tels qualificatifs, car ils renvoient à des actes presque unanimement condamnés par la société ; des actes de haine, irrationnels. Cet archétype, en même temps qu’il est dénoncé, permet au reste de la société de se distancier et de se dédouaner du problème. L’agresseur est toujours autre ; aussi longtemps qu’il sera autre, les théories ne seront appliquées.
           C’est là toute la subtilité du statut de l’abus sexuel et du viol : ils sont la banalité du mal de l’époque. Ils doivent s’ancrer dans la société comme des maux aussi réels que graves et en même temps trouver leurs auteurs en son sein– ton frère ou ton ami. Si les auteurs les plus illustres de viols sont dénoncés, le tribunal social s’essouffle devant la multitude de dénonciations, qui pourraient par ailleurs faire obstacle au fonctionnement de la société (on ostraciserait peut-être plus de 100 000 individus par an…). Les connotations de ces termes les rendent difficiles à porter lors que leur reconnaissance dans l’espace publique est essentielle dans la perspective d’une réduction du nombre des viols et des agressions sexuelles.

           La plupart du temps, l’agresseur ne se balade pas avec du GHB ; il ne rode pas la nuit à la recherche d’une victime ; il ne prend pas un plaisir sadique à agresser ou violer. D’aucuns se souviendront de celui qui, brandissant au zénith son drapeau d’allié, se révèle parfait prédateur au crépuscule. Il asservit – et c’est bien là la marque d’une certaine volonté - sa raison à son instinct sexuel avec l’appui des mœurs. Celles-ci ritualisent l’ascension jusqu’au sacro-saint sexe – la récompense et la suite logique. Le sexe n’est pas accessible au moyen d’une fonction. Le consentement doit primer, or, il est souvent tributaire des mœurs.
           Dès lors, il n’est pas inclus dans la fonction ; il fait du copinage avec l’ambiguïté, il est laissé sous-jacent, les mœurs viennent parler à la place du langage verbal (qui reste le meilleur gage de consentement !) et corporel. Une invitation au restaurant ou à boire un verre ne donne pas accès de droit à du sexe. Pénétrer le domicile d’untel ne donne pas accès de droit à du sexe. L’établissement d’un contact physique ne donne pas accès de droit à du sexe – d’autant qu’il peut s’établir de manière unilatérale. De même, qu’un contact physique soit consenti n’implique pas que ceux d’une nature différente le soient. Que des données qui, in se, n’ont aucune signification – se mouvoir dans l’espace restaurant, bar, boîte de nuit, appartement, lit… - coordonnent un comportement et non l’annonce éclairée du consentement est symptomatique de l’aspect facultatif du consensuel dans le relationnel humain. Ces codes sont appliqués avec d’autant plus de rigueur qu’ils sont à peu près intégrés de tous. Pourtant, le sexe n’est jamais une question de droit, mais de permission. L’octroi abusif d’une telle permission sous couvert de mœurs relève tant de naïveté que d’égocentrisme. Le consentement ne fait pas système. Appliquer un schéma systématique aux relations humaines demeure une imprécision dangereuse, potentiellement productrice d’abus sexuels. Par nature, le schéma est caricatural et échoue à représenter la singularité de l’individu. Il est nécessaire de se questionner sur la validité de ce qui pourrait ressembler à une opportunité sexuelle si le langage peine à s’établir, et sur la manière d’entreprendre une telle opportunité. L’humain appelle à résister à son objectivation ; si son traitement administratif peut être systématisé, ce n’est pas le cas de son consentement.


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  • Pfiou, c'était moins une ! Le dernier dossier allait bientôt avoir deux ans, mais en voilà un tout nouveau ! A vrai dire, tout ça part d'un devoir d'histoire à faire, mais j'ai beaucoup aimé me renseigner sur la Corée du nord, et ai soigné ce devoir. Je pense donc que ce dossier est digne du blog. 


                                                                                                La Corée du Nord

    La Corée du Nord semble indissociable de son système politique fasciste à l’extrême tant dans les médias que dans l’opinion publique, et ce dans le monde entier, notamment dans les pays occidentaux particulièrement attachés aux valeurs démocratiques. Elle est reconnue comme étant l’un des pays avec le pire système politique au monde, accusée par l'ONU de graves violations des droits de l’Homme.
     

    Les visages de la Corée du Nord
     

    Il faut savoir, dans un premier temps, que la division des Corées, qui sont désormais largement en opposition, bien que largement ancrée, est relativement récente. Elle naît notamment de la fin de la 2ème guerre mondiale et des tensions entre les Etats-Unis et la Russie, et la course à la propagande capitaliste ou communiste qui en découlent. Auparavant, il y a eu plusieurs empires monarchiques, tous dirigés par des dynasties aux politiques plus ou moins isolationnistes ; lorsque ce n’est pas le cas, c’est de courte durée, comme lors de l’Empire de Taehan, où les liens privilégiés entre la Corée et le Japon poussent le Japon à vouloir coloniser la Corée et lui imposer un protectorat (Régime juridique caractérisé par la protection qu'un État fort assure à un État faible en vertu d'une convention ou d'un acte unilatéral, Wikipédia). En découle un mouvement de résistance coréenne dont l’assassinat du représentant du Japon en Corée (Hirobumi Ito) est emblématique, mais qui n’a pour effet que d’accroître les tensions, ce pourquoi la Corée finit par être annexée par le Japon le 9 août 1910 et devenir la Province de Chosun. ¹ Cette annexion prend fin suite à la capitulation du Japon. Les soviétiques en profitent pour propager leur modèle politique au Nord de la Corée (à forte aspiration communiste, la Corée du Nord ne le revendique toutefois pas ouvertement ; elle dit appliquer la politique du Juche, qui a pour fondement un socialisme très prononcé), tandis que les américains propagent le leur au Sud de la Corée. La division est effective fin 1948, séparant deux parties d’un pays qui avait pourtant de fortes attaches.
    La dynastie actuelle (la dynastie des Kim) régnant sur la Corée du Nord se saisit du pouvoir avec l’appui des soviétiques à partir de 1972, de Kim Il-Sung à Kim Jong-Un en passant par Kim Jong-Il. ²

    Les visages de la Corée du Nord

    Depuis lors, la dynastie des Kim a appuyé tout son patrimoine et son histoire sur leur glorification, avec une propagande plus que présente. Voici quelques faits avérés :
    - Le calendrier de la Corée du Nord a commencé à la naissance de Kim II-Sung ; les coréens du nord sont donc en l’an 105. ³
    - Les chefs d’Etat sont glorifiés religieusement, avec l’histoire de Tangun notamment, personnage de mythologie coréenne qui aurait régné 1500 ans et serait mort à l’âge de 1908 ans et dont les « preuves » de l’existence sont exposées au musée central d’histoire de Corée à Pyongyang. ⁴

    Les visages de la Corée du Nord

    • Toute opinion contraire est passible de mort ou de déportation en camp de concentration. Tenter de s’exiler l’est exclusivement... Sauf si cela peut servir à la propagande. En l’occurrence, une coréenne du nord qui s’était exilée en Corée du Sud pour rejoindre son père est retournée en Corée du nord en s’excusant et en appuyant que « sa vie était misérable dans le sud capitaliste ». ⁵ & ⁶
    •  Des gestes anodins peuvent être interprétés comme belligérants (plier une photo de Kim-Il-Sung dans un journal est passible de prison, posséder des films produits par des pays capitalistes est passible de mort, posséder une Bible est passible de mort, écouter une radio ou une chaîne TV autre que celles du régime est passible de mort…). ⁷
    • La culture nord-coréenne gravite entièrement autour de la dynastie, qu’il s’agisse de dessins animés, de livres, de sculptures, de fresques, de chansons… Tous vantent la grandeur de leur chef. ⁸ & ⁹

    Les visages de la Corée du Nord

    Statues de Kim-II-Sung et Kim-Jong-II au musée coréen de la révolution. Se recueillir devant ces statues est la première chose que l’on fait en arrivant en Corée du Nord. Plus globalement, le peuple nord-coréen a des photos de leurs dirigeants dans leurs maisons, dans leurs écoles, dans leurs administrations… Et se recueillent, effectuent des prières et des chants à leur égard tous les jours.
    Extraite de
    http://carnetdecoreedunord.tumblr.com/

     

    • En Corée du Nord,  seuls quelques membres du régime et quelques diplomates peuvent se connecter à Internet ; toute trace écrite ou vidéo provenant de Corée du Nord est contrôlée, et tous vantent la grandeur de la Corée du nord et de son régime…  ⁷ (On notera tout de même que plus récemment, les téléphones portables se sont répandus, et qu’il est désormais possible de passer des appels à l’intérieur du pays)
      Chez les exilés nord-coréens, ce n’est pas le même type de discours qui est tenu.

    Leur idéologie, basée donc sur le culte de la personnalité, est également nationaliste et raciste à l’extrême. Les nord-coréens seraient le peuple pur par excellence, et cet aspect-là de l’idéologie mise en avant par le gouvernement de la Corée du nord rappelle quelque peu l’idéologie soviétique de l'homme nouveau.

    Les visages de la Corée du Nord

    https://www.youtube.com/watch?v=I9HxGhIo-6k
    La vie dans le paradis du peuple de la Corée du Nord 
    Vidéo de Pak Jin Jun, étudiante à l’université de Pyongyang pour devenir professeure.


    Ainsi, lors d’une rencontre en mai 2006 entre officiers des deux Corées, un général nord-coréen déclare, en réaction au métissage présent en Corée du Sud :
    « Notre nation considérera toujours la lignée pure comme d’une grande importance, et je m’inquiète que notre singularité puisse disparaître. Pas la moindre goutte d’encre ne doit tomber dans la rivière Han ». ⁴
    Le nationalisme exacerbé accompagnant souvent la haine du métissage et des autres ethnies, tous ceux qui n’ont pas un sang purement nord coréen sont victimes de racisme : Obama est comparé à un singe dans la forêt tropicale, au sang impur ¹⁰, ce qui provient d’Occident est diabolisé et qualifié de propagande capitaliste ; le peuple nord-coréen paraît être du même avis puisqu’ils apprennent très vite aux enfants que les américains sont les « méchants qui veulent détruire le meilleur pays du monde »¹¹. Si vous êtes tenté de faire un voyage touristique en Corée du Nord, il vous faudra donc laver vos appareils électroniques des réseaux sociaux et des films, ne pas apporter de livres, etc… Qui feraient partie du patrimoine de la propagande américaine. ⁸   

    Si la violence de cette politique pourrait se manifester de manière purement verbale, elle se manifeste aussi par les sévices. Ainsi, en l’an 2000, la Chine a expulsé 8000 nord-coréennes qui étaient sur leurs terres pour les renvoyer en Corée du nord car elles avaient eu des bébés nés d’unions supposées entre coréennes et chinois. En Corée du nord, elles sont emprisonnées dans des camps de concentration, subissent des avortements forcés, et si les bébés parviennent tout de même à naître, ils sont tués à la naissance, parfois sous les yeux de leurs mères.
    Un témoignage publié sur le New York Times rapporte que les gardiens hurlaient des phrases de cet acabit aux prisonnières : 
    « Vous ramenez du sperme chinois de pays étrangers. Nous, Coréens, sommes un peuple unique, comment osez-vous ramener du sperme étranger ! ».

    Si la situation oppressante des nord-coréens semble être étouffée, c’est parce que Kim Jong Un entretient à la fois une proximité et une répression vis-à-vis de son peuple.
    Une caractéristique quasiment systématique du discours que tiennent les nord coréens lorsqu’on les interroge  semble être la rigidité, l’uniformité et la concision de leurs propos, de toute évidence nationalistes : des phrases qui sonnent ritournelles, et qui rappellent le comportement des citoyens dans la dystopie Le meilleur des mondes, et qui n’apportent finalement aucune réponse.
    Pour contraster avec cette image austère de la Corée du nord, le dictateur Kim Jong I a décrété qu’il souhaitait que son peuple s’amuse : la marijuana est autorisée (car elle n’est pas considérée comme une drogue), plusieurs parcs d’attraction sont construits, des patinoires également, la capitale est embellie pour ne pas laisser transparaître la pauvreté du pays, qui a subi plusieurs famines ayant fait plusieurs millions de mort (l’économie du pays est très fragile)¹², le chant est mis à l’honneur dans toutes les écoles et on peut entendre des girls band à longueur de journée…

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                                                                               Parc d’attraction nord-coréen
                                                        Extraite de
    http://carnetdecoreedunord.tumblr.com/ 

    Certains nord-coréens défendent même qu’il existe une certaine liberté de culte en Corée du nord, alors que de nombreux chrétiens ont été déportés en camp de concentration ou en prison, purgeant de lourdes peines. 

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    Extrait de http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140218.OBS6801/20h30-viol-famine-torture-6-exemples-accablants-de-crimes-contre-l-humanite-en-coree-du-nord.html
    Des enquêteurs de l’ONU s’étaient alors rendus en Corée du nord pour interroger des habitants honnêtes/ à l’avis non formaté et se rendre compte de la situation

    Globalement, les médias occidentaux, et la plupart des médias du monde, s’accordent avec l’opinion publique pour dénoncer les conditions de vie en Corée du nord. Au mieux, elle est vue comme une dictature rigide, liberticide, raciste, au pire, on ajoute à cela la famine, le viol, les camps de concentration, les mises à mort, l’exil illégal, laissant une fois de plus planer la menace de la mort sur ceux tentés par l’exil, si ce ne sont pas des pièges destinés à prostituer des nord-coréennes en Chine… ¹³  La plupart du temps, c’est de prime abord un avis foncièrement négatif et sans nuance, faisant une critique amère de la Corée du Nord ; c’est en approfondissant seulement ses recherches que l’on commence à percevoir la nuance, notamment sur les reportages qui ont lieu directement sur le terrain. 

    Les visages de la Corée du Nord

    Les visages de la Corée du Nord

    Le mot « enfer » est souvent associé à la Corée du Nord dans les médias contemporains.
    Yeonmi Park est une des réfugiées nord-coréennes les plus connues, notamment pour sa conférence à Berlin, où elle appelle les gouvernements à réagir à la situation de la Corée du nord.
     https://www.youtube.com/watch?v=Ei-gGvLWOZI
    Elle a fortement influencé l’opinion publique et provoqué un certain émoi sur les réseaux sociaux. Elle a récemment publié son livre In Order to live, traduit en français par Je voulais juste vivre, qui raconte son expérience de la Corée du nord et de l’exil.

    Finalement, seuls quelques médias alternatifs osent nuancer l’image qu’ils renvoient de la Corée du Nord dans leurs écrits. Il ne s’agit parfois que d’une objectivité ; de temps à autres, il s’agit même de dénoncer une propagande étatsunienne contre la Corée du Nord. De prime abord, l’habitude des articles diabolisant la Corée du Nord dépayse lorsqu’il est question d’un article plus nuancé, montrant la Corée du Nord sous un jour formaté, et parfois même un beau jour. Reste qu’il est intéressant de nuancer ses sources, de les confronter afin de prétendre à l’objectivité.
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coree-du-nord-enfer-ou-paradis-185772
    Cet article image parfaitement le dépaysement susmentionné. Ce dernier joue à l’avocat du diable et s’insurge clairement de la propagande étatsunienne à l’encontre de la Corée du Nord, et fait même un parallèle entre le fonctionnement dans les pays occidentaux et en Corée du Nord. Il est vrai qu’à force de lecture anti Corée du Nord, il est surprenant de tomber sur des images mettant en scène un bonheur commun comme ce pourrait l’être dans certains autres pays ; à les voir, on ne devinerait pas qu’il s’agit là de la Corée du Nord. Preuve que le divertissement et l’usine de la mort peuvent se côtoyer, car il ne s’agirait pas de nier l’un ou l’autre point de vue, qui ne sont pas incompatibles.

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                                                               Une surfeuse à Majon, Corée du Nord

    Par exemple, Vice, un journal qui la plupart du temps aborde des thématiques extravagantes, a interviewé le cinéaste Álvaro Longoria qui a tourné le film The interview traitant de la propagande en Corée du Nord, avec l’aide d’Alejandro Cao, un quadragénaire espagnol sympathisant de la Corée du Nord travaillant au sein d'un comité nord-coréen chargé d'établir des relations culturelles avec des puissances étrangères. Le journal en lui-même se contente d’interviewé et n’exprime aucune opinion, toutefois, Longoria en exprime clairement une.
    http://www.vice.com/fr/read/coree-du-nord-malheureux-nous-714
    Longoria raconte que la propagande y est si forte que lui-même n’y a pas résisté. Il se décrit comme victime « d’un syndrome de Stockholm » et questionne le lectorat : « n’êtes-vous pas vous aussi victime de la propagande étatsunienne, qui orienterait les opinions à propos de la Corée du nord ? » Il met aussi un point d’honneur à notifier que le cerveau humain est prompt à la manipulation ; là où l’esprit critique n’existe pas et où la propagande est omniprésente, il est aisé d’adoucir son opinion à propos du pays, voire de commencer à l’apprécier d’une certaine manière comme ce fut le cas de Longoria.

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    Alejandro Cao livrant un discours typiquement pro-Corée du Nord dans The Interview. La propagande ne semble donc pas épargner certains occidentaux, dont Alejandro est un exemple extrême.
                                                                         Trailer de The Interview :

                                           
    https://www.youtube.com/watch?v=WRyWWCGFQg4
                                                                        Extrait de The Interview :
                                            
    https://www.youtube.com/watch?v=7kFfLLm-CSE 

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    La publicité est interdite, sauf celle pour la propagande.
    Extraite de :
    http://carnetdecoreedunord.tumblr.com/


    Dans cette logique-là, les médias nord-coréens avaient diffusé aux alentours de 2011 un classement des pays le plus heureux du monde, classement où ils détenaient la 2ème place avec 98 points sur 100, derrière la Chine, en 1er place, avec 100 points sur 100.  Le discours officiel étant facilement accepté, du moins en apparence, par les coréens du nord, cette diffusion a contribué à leur inculquer le fait qu’ils vivent dans un paradis, qu’ils sont le meilleur pays du monde, le plus heureux, qu’ils donnent une définition au bonheur ¹⁴, etc… 
    http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/06/01003-20110606ARTFIG00862-la-coree-du-nordl-autre-pays-du-bonheur.php
    En effet, de tous les reportages que j’ai visionné ayant eu lieu directement en Corée du nord, aucun nord-coréen ne s’est plaint de sa situation : ils se confondent en gratitude et en admiration pour leur chef, se disent fiers et heureux à grand renfort de sourire, en expliquant comme ils étaient béats lorsque leur leader leur a rendu visite pour les remercier de leur fidélité au régime (être fidèle au régime donne accès à d’éminents privilèges : le logement est attribué en catégories sociales, déterminées en fonction de la fidélité au régime des nord-coréens... ¹⁵) De l’intérieur, l’opinion publique des nord-coréens semble rejoindre l’opinion répandue par la propagande ; l’opinion de l’Etat, donc, ce afin d’assurer un rayonnement pour une fois positif à l’étranger, et une certaine cohésion nationale.

    Sources :

    ¹ : https://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_cor%C3%A9en
    ² : https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_Cor%C3%A9e_du_Nord
    ³ : http://www.demotivateur.fr/article-buzz/25-choses-etonnantes-que-vous-ignorez-sur-la-coree-du-nord--2871
    ⁴ : http://www.socialisme-libertaire.fr/2016/01/quelques-elements-sur-le-regime-en-coree-du-nord.html
    ⁵ : https://www.youtube.com/watch?v=Yt4iVxFmqkw
    ⁶ : https://www.theguardian.com/world/2012/jun/29/north-korea-defector-returns-south
    ⁷ : http://www.reponseatout.com/actualites/decryptage/top-10-interdits-coree-du-nord-a109725
    ⁸ : http://carnetdecoreedunord.tumblr.com/
    ⁹ : http://www.reponseatout.com/actualites/decryptage/top-10-interdits-coree-du-nord-a109725
    ¹⁰ : http://rue89.nouvelobs.com/2014/12/27/coree-nord-compare-obama-a-singe-foret-tropicale-256773
    ¹¹ : https://www.youtube.com/watch?v=BtxHTK2i2zU, voir à 42 minutes 23
    ¹² : http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140218.OBS6801/20h30-viol-famine-torture-6-exemples-accablants-de-crimes-contre-l-humanite-en-coree-du-nord.html
    ¹³ : https://www.youtube.com/watch?v=Yt4iVxFmqkw&t=1791s
    ¹⁴ : https://www.youtube.com/watch?v=I9HxGhIo-6k
    ¹⁵ : https://en.wikipedia.org/wiki/Songbun

    Avis divergents :

    1. http://www.7sur7.be/7s7/fr/1733/Coree-du-Nord/article/detail/2642550/2016/03/10/Les-Nord-Coreens-sont-ils-au-fond-plus-heureux-que-nous.dhtml
    2. http://www.vice.com/fr/read/coree-du-nord-malheureux-nous-714
    3. http://hitek.fr/42/photo-coree-du-nord_3923
    4. http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/coree-du-nord-enfer-ou-paradis-185772

    Avis conformes à l’opinion publique (entre autres articles de ce genre) :

    1. http://www.lexpress.fr/actualite/je-suis-partie-en-colonie-de-vacances-en-coree-du-nord_1551974.html
    2. http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140218.OBS6801/20h30-viol-famine-torture-6-exemples-accablants-de-crimes-contre-l-humanite-en-coree-du-nord.html
    3. http://www.lapresse.ca/international/asie-oceanie/201412/13/01-4827917-de-jeunes-exiles-racontent-les-horreurs-en-coree-du-nord.php
    4. http://www.lefigaro.fr/international/2011/06/06/01003-20110606ARTFIG00862-la-coree-du-nordl-autre-pays-du-bonheur.php


    4 commentaires
  • Une fois de plus je partage mon devoir de littérature et société, il n'y a pas de raisons.
    J'ai eu la modique note de 10/10. Un peu déçue de la correction de mon professeur, trois pages pour une note sur 10...


    5 commentaires
  • Comme le titre de l'article 'indique, ce fut un travail trèèès long travail, qui m'a gaspillé beaucoup d'énergie.
    Alors ne pas le poster ici serait un peu du gâchis.

    (Certes, de votre piédestal, j'admets que ça ne doit pas avoir grand intérêt...)

    J'aurais pu faire un AMV, mais je ne maîtrisais malheureusement pas encore assez les logiciels de montages. D:

    Au cas où, si vous cherchez un peu de musique à vos heures perdues, vous pouvez fouiller dans mes playlists. Même si ce n'est pas directement, j'aime beaucoup partager mes goûts.

    Un devoir qui casse bien les burnes

    Bien à vous.


    5 commentaires
  • Il n'est pas nouveau que j'ai un certain attrait pour les articles morbides. Enfin, je crois que je ne suis pas la seule.
    Aujourd'hui, je vous en partage un, une nouvelle fois.
    Je l'ai trouvé très intéressant, vraiment ! Et bien réalisé, vachement complet.
    Voici donc :

    http://www.lemonde.fr/ameriques/visuel/2014/10/10/voix-d-outretombe-les-derniers-mots-de-condamnes-a-mort-executes-au-texas_4501418_3222.html

    Voix d'outretombe : partage

    (Artiste : Yuruikarameru -> CLIQUEZ SUR CE LIEN, ELLE N'EST PAS ENCORE ASSEZ IDOLÂTRÉE POUR SON TALENT !!! OC : Sans nom, de  Celes le nem.)

    J'en profite pour partager également cet article :

    http://hitek.fr/actualite/axent-wear-casque-oreilles-chat_3965

    Car je veux ce putain de casque. :o (En plus, je n'ai même plus une paire d'écouteurs pour écouter de la musique.......)

    Voix d'outretombe : partage

    Le prix est assez suspect, 150 euros pour du style, de la marque, des enceintes et pour le principe du casque... Je suspecte qu'il soit de mauvaise qualité, par conséquent.

    Oh, et, tant qu'à faire, cet article est déjà un topic de petites annonces...

    Concernant mon absence, elle est explicable par plusieurs faits :
    -La reprise, avec la seconde bien plus intensive.
    -Le fait que mon ordinateur soit toujours cassé (mais il va être réparé, enfin !)
    -Le manque d'inspiration, notamment dans mes passions. :c
    -Le fait que j'aie écrit un article et qu'il se soit effacé. uwu
    -De la flemme, je l'admets. (Ce n'est pas justifiable par autre chose que ça, 1 mois et demi d'absence...)

    A part ça, je vais essayer de reposter plus régulièrement, car il y a pas mal de trucs que j'ai en tête !

    A bentô ! (Nooooon, je n'ai pas écrit ça ?...)


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  • Récemment, je me suis mis en tête de me décrocher des traditionnels livres d'adolescents et jeunes adultes.

    Certes, je débute avec un livre plutôt accessible. Les grands ouvrages, ça attendra !

    Critique de livre : L'homme qui voulait être heureux

    Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce livre n'est pas basé sur son scénario : il se concentre sur la philosophie. La 4ème de couverture ne nous promet pas de suspense anxiogène... 
    Je crois qu'on aurait pu résumer ça à "Un pauvre type en voyage à Bali consulte un vieux guérisseur". Des fois que vous vouliez voir ce que donne l'interprétation objective, voici le résumé :

    "Imaginez…
    Vous êtes en vacances à Bali et peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où…
    Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n'êtes pas… heureux.
    Porteur d'une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L'éclairage très particulier qu'il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l'aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d'une existence à la hauteur de vos rêves."

    Dès le début, je me suis demandé si il s'agissait d'un récit autobiographique, ou si le protagoniste est incarné par un ignare et le vieux guérisseur par Dieu. Auquel cas, l'auteur ne fait qu'étaler sa philosophie en croyant être doté d'une sagesse infinie, ce qui me fait assez rire tant cela manque de modestie.   " =w= 
    Je suis restée sceptique lorsque le vieux sage a pincé le petit orteil du héros et qu'il a hurlé de douleur et que le vieux sage a dit "Si vous avez mal ici, c'est parce que vous êtes malheureux !", maiiis bon.

    A part ça, on s'immerge de manière plutôt intelligente. "Ce que l'on croit peut devenir réalité". Cette phrase est prouvée de diverses manières, exemples, appuyée par des statistiques...
    Cela a raffermi quelques unes de mes pensées, c'était intéressant, une petite détente tranquille, sans plus. Parsemé d'un peu d'humour, également.

    Critique de livre : L'homme qui voulait être heureux

    En revanche, la suite m'a clairement agacée. Sérieusement, le protagoniste est un vrai écervelé ! N'importe quel adolescent lambda aurait pu se trouver à sa place. Il n'a aucune philosophie et écoute le vieux maître avec une expression bovine. Forcément, puisque son état d'esprit se limite à "Philosophie ? Keskecé ?"
    Par conséquent, il absorbe chaque information du vieux sage sans peser le pour et le contre. N'importe qui s'aiderait pourtant de son état d'esprit... Sauf que lui, IL N'EN A PAS ! UNE PUTAIN DE PAGE BLANCHE ET VIERGE, NADA, 0, RIEN, LE VIDE.  Tel un spectateur durant ces 30 ou 40 dernières années. Il n'a pas de femme, pas d'amis, son métier lui plaît pas, et il vient de saisir qu'il doit bouger son derche.

    Voilà. L'homme qui voulait être heureux, c'est "Imaginez, vous êtes en voyage à Bali, vous êtes un putain d'écervelé qui ne sait pas réfléchir entouré de personnes qui ne savent pas réfléchir, et, Ô miracle, une étincelle de Réflexion !"
    Sachant que l'on est censé se mettre à la place du héros, c'est une comparaison très dégradante... Vous êtes pris pour un attardé et Laurent Gounelle vous apporte sa sagesse, parce que Gounelle, il gère, et pas VOUS.

    Hors mis le premier débat, j'avais pleinement conscience de la conclusion à laquelle menait les autres. Eh oui, du haut de mes quatorze ans, je porte en moi un morceau de la sagesse infinie ! Je ne sais pas si je dois être flattée, ou trouver ça risible...
    Oui, les gens ne sont pas tous méchants ! Oui, d'accord, "je vis ma vie & fuck les avis", c'est bien, faut foncer vers ses idées pour parvenir à les réaliser. Pas la peine de chercher la petite bête pour conclure que la généralisation est un tort, non plus... Sans parler des petites morales à la con, genre " On a toujours le choix". Qui dit choix dit liberté, et je doute qu'on ait tout le temps un large panel de possibilités. Tant qu'à jouer sur les mots, hein !

    Le pompon, c'est quand même vers la fin. Le type, armé de la Réflexion du vieux sage, juge tout ce qu'il voit. La fille qui se comporte comme une tasse-pé, elle croit être séduisante, on lui a insufflé de vivre par le charme, oh la pauvre victime prisonnière de l'avis des autres ! MAIS PEUT-ÊTRE QU'ELLE AIME JUSTE SE FAIRE DÉFONCER LE CUL !! ÒAÓ

    Critique de livre : L'homme qui voulait être heureux

    Les parents qui inscrivent leur gosse à un concours de château de sable, ils vivent pour la réussite, voyons, ils s'en foutent du loisir tant que leur gamin gagne ! Non, vraiment, qui tient vraiment à gagner un concours pareil, qui est assez con pour se sentir honoré parce que son bout de chou a fait le plus joli château de sable... même si la réussite est quelque chose d'essentiel à ses yeux ? À ce rythme-là, j'en connais, des rageux de l'Épiphanie.


    Pour conclure, j'ai refermé ce livre avec un soupir de dédain : à des années lumière de changer la vie de qui que ce soit, comme le promettaient ces slogans débiles, si ce n'est celle de ce couillon de professeur. Un livre philosophique... Pas si philosophique.
    Une déception, même si ce fut un petit moyen de me détendre durant un court moment. Un simple débat avec un ami durant trente minutes aurait pu me permettre un résultat similaire voire plus satisfaisant.


    2 commentaires
  • En cette soirée esseulée, 
    sur un réseau social des plus superficiels, badants et stupides... 

    Juste.

    OMG.
    Les lettres les plus adéquates pour décrire ce que je viens de voir sont 
    MFLDSGMFGLFSD%HGKNPFDHF¨GN¨VG WHAAAAT 

    Je viens de trouver le plus beau clip du monde. Je suis réellement restée subjuguée devant cette merveille.
    Il s'agit du clip de Sia, Chandelier. 


    La danseuse se nomme Maddie Ziegler.

    Chandelier : un clip de tous les saints


    Elle est âgée de 12 ans. Elle est aussi actrice et modèle, et s'est fait connaître en Amérique pour avoir gagné une émission de danse, Dance Moms...
    Elle a aussi dansé dans d'autres clips :
    - It's Like Summer, LUX
    -Cry, Alexx Calise
    -Summer Love Song, Brooke Hyland
    -It's a Girl Party, Mack Z
    -Freaks Like Me, Todrick Hall

    Ainsi que des films.

    Je suis passée par différents états.

    Le premier : dubitative et médisante. Rihanna s'est-elle donné rendez-vous ici ? (Cette chanson lui est en vérité destinée) C'est vrai que l'introduction y ressemble vraiment. Que dire de ce petit corps dans l'encadrement d'une porte, dans une maison délabrée. On dirait qu'il est nu. Un remix de Wrecking Ball ? 

    Le second, un peu moins paumée. Il s'agit d'une enfant avec un maillot chair, ouf... Elle a un visage d'adulte, c'est très glauque. Et que dire de sa danse ! Il lui manque un grain à cette gosse. 

    Le troisième... Qui commence à basculer dans l'admiration ! Mêler de l'innocence liée à l'enfance à une musique sombre et un lieu sombre par une danse des plus farfelues, c'est vraiment bien trouvé ! 

    Le quatrième : de plus en plus forte. La danseuse est souple et gracieuse, ses mouvements sont magnifiques, uniques, exceptionnels. 

    Et le cinquième, la grosse baffe. Une admiration sans précédent, les larmes aux yeux, les mots qui se perdent. Le souffle coupé.

    MERCI pour ce clip MAGNIFIQUE FARAMINEUX EXTRAORDINAIRE MAGIQUE, le plus beau clip qui m'ait été donné de voir, moi qui les ai toujours trouvés bien médiocres ! (Surtout ceux de hard rock, metal, qui décrédibilisent totalement le groupe car on les voit juste en train de secouer leurs cheveux...) 

    Une harmonie parfait et profonde entre cette danse et cette musique. Parfait. Car oui, en plus de ça, la musique est vraiment jolie ! 

    Les passages où la voix est plus posée et calme semblent représenter un ou plusieurs personnages alcooliques (peut-être des parents), tandis que  les passages où la voix de Sia est plus énergique (couplets où "elle se balance au lustre") représentent la personne qui subit l'absence de ces premiers personnages (peut-être une enfant puisqu'il n'est pas indépendant).
    Abandonné à lui-même, ce personnage esseulé est triste et vit en mode YOLO en foutant n'importe quoi de sa vie (il se balance à un lustre et fait l'oiseau). 
    Pendant ce temps, le(s) premier(s) personnage(s) se saoule(nt) jusqu'à l'aube. Le soleil apparaît alors comme une entité qui révélerait tout ses/leurs méfaits, car le confort et l'occulté de la nuit disparaît et laisse place au quotidien, régit par l'entourage ou le travail.

    Paroles et traduction
    ___ ___ ___

    Party girls don't get hurt
    Les fêtardes ne se font pas mal

    Can’t feel anything, when will I learn ?
    (Je) ne ressens rien, quand est-ce que j'apprendrai ?

    I push it down, push it down
    Je vais plus fort, (je) vais plus fort

     

    I'm the one "for a good time call"
    Je suis celle " pour passer du bon temps au téléphone" 

    Phone’s blowin' up, they're ringin' my doorbell
    Le téléphone est en train d'exploser, ils sont en train de sonner à ma porte.

    I feel the love, feel the love
    Je sens l'amour, (je) sens l'amour

     

    One, two, three, one, two, three, drink
    One, two, three, one, two, three, drink
    One, two, three, one, two, three, drink
    Un, deux, trois, un, deux, trois, bois 



    Throw 'em back, till I lose count
    Je les rejette tous, avant que je n'en perde le compte

     

    I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
    Je vais me balancer au lustre, au lustre

    I'm gonna live like tomorrow doesn't exist
    Je vais vivre comme si demain n'existait pas

    Like it doesn't exist
    Comme si il n'existait pas

    I'm gonna fly like a bird through the night, feel my tears as they dry
    Je vais voler comme un oiseau à travers la nuit, sentir mes larmes lorsqu'elles sèchent

    I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
    Je vais me balancer au lustre, au lustre

     

    And I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes
    Et je tiens à la chère vie,  (je) ne veux pas baisser les yeux, (je) ne veux pas ouvrir mes yeux

    Keep my glass full until morning light, cause I'm just holding on for tonight
    (Je) garderai mon verre plein jusqu'à la lumière matin, car je tiens le coup ce soir

    Help me, I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes
    Aide-moi, je tiens à la chère vie, (je) ne veux pas baisser les yeux, (je) ne veux pas ouvrir mes yeux

    Keep my glass full until morning light, cause I'm just holding on for tonight
    Je garderai mon verre plein jusqu'à la lumière du matin, car je tiens juste le coup pour ce soir

     

     Sun is up, I'm a mess
    Le soleil est levé, je suis fatiguée

    Gotta get out now, gotta run from this
    Je dois sortir maintenant, je dois m'enfuir d'ici

    Here comes the shame, here comes the shame
    Voilà la honte, voilà la honte

     

    One, two, three, one, two, three, drink
    One, two, three, one, two, three, drink
    One, two, three, one, two, three, drink
    Un, deux, trois, un, deux, trois, bois 



    Throw 'em back, till I lose count
    Je les rejette tous, avant que je n'en perde le compte

     

    I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
    Je vais me balancer au lustre, au lustre

    I'm gonna live like tomorrow doesn't exist
    Je vais vivre comme si demain n'existait pas

    Like it doesn't exist
    Comme si il n'existait pas

    I'm gonna fly like a bird through the night, feel my tears as they dry
    Je vais voler comme un oiseau à travers la nuit, sentir mes larmes lorsqu'elles sèchent

    I'm gonna swing from the chandelier, from the chandelier
    Je vais me balancer au lustre, au lustre

     

    And I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes
    Et je tiens à la chère vie,  (je) ne veux pas baisser les yeux, (je) ne veux pas ouvrir mes yeux

    Keep my glass full until morning light, cause I'm just holding on for tonight
    (Je) garderai mon verre plein jusqu'à la lumière matin, car je tiens le coup ce soir

    Help me, I'm holding on for dear life, won't look down, won't open my eyes
    Aide-moi, je tiens à la chère vie, (je) ne veux pas baisser les yeux, (je) ne veux pas ouvrir mes yeux

    Keep my glass full until morning light, cause I'm just holding on for tonight
    Je garderai mon verre plein jusqu'à la lumière du matin, car je tiens juste le coup pour ce soir

     

    On for tonight
    On for tonight
    On for tonight
    Pour ce soir

    Cause I'm just holding on for tonight
    Car je tiens juste le coup pour ce soir

    No, I'm just holding on for tonight
    Non, je tiens juste le coup pour ce soir

    On for tonight
    On for tonight
    Pour ce soir

    Cause I'm just holding on for tonight
    Cause I'm just holding on for tonight
    Car je tiens juste le coup pour ce soir

    No, I'm just holding on for tonight
    Non, je tiens juste le coup pour ce soir 

    On for tonight
    On for tonight
    Pour ce soir

    (j'espère que ma traduction tient la route)

    ___________________

    Merci pour toute cette émotion. <3 

    Je vous laisse. Mon orientation sexuelle a pris un tournant décisif. Un avion m'attend pour l'Amérique.

    Chandelier : un clip de tous les saints


    9 commentaires
  • Oy oy ! 

    J'étais tombée il y a un petit moment déjà sur des articles plutôt intéressants sur les contes de fées. Ces articles traitent des originaux des grands classiques Disney comme Blanche-Neige, La Petite Sirène, La Belle au Bois Dormant... Lesquels sont complètement aux antipodes du merveilleux et tous ses bienfaits !

    Je viens pour détruire votre enfance (et vous donner une peu de culture :3). :D

    Article 1 -> http://www.madmoizelle.com/contes-de-fees-10141

    Article 2 -> http://www.madmoizelle.com/contes-de-fees-2-12429

    La vérité sur les contes de fées : partage

    (Parce que ce gif est énorme o/)


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  • Bon eh bien... 
    Salutations. :'3 :crying:

    Je viens partager avec vous la raison de ma montée émotionnelle, héhé. 
    (Ënos : T'en as pas marre de passer pour une émotive ? :soupire:)

    Voici donc une vidéo traitant de Zacharia Sobiech, un garçon qui a découvert qu'il souffrait d'un cancer des os à 14 ans. 

     

    Zach Sobiege : partage


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